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Archives

Les dossiers (pas secrets du tout) du C.I.A.

la une

Dix ans déja

Voilà plus d'une décénie que le Club Informatique d'Asquins s'efforce de satisfaire la population et les associations locales.

Dix ans déja qu'il produit des affiches et publicités pour ses adhérents. Dix ans qu'il vous informe des manifestations locales organisées par la commune ou les associations culturelles du canton. Dix ans, enfin, qu'il vous donne la parole dans les éditions de ses "Asquinois Taquins", "Album-Mémoire" ou encore les rubriques de son site.

Les Archives du C.I.A. sont un peu de la mémoire d'Asquins, elles aussi.
Elles sont classées par rubrique, d'abord dans l'ordre d'apparition de leurs catégories respectives, ensuite, et selon leur nature, elles sont organisées par ordre alphabétique ou par ordre chronologique.

En 2015 ...

 

Assemblée générale de 11/12/2015

 

Logos de nos communes

Les logos de nos villages

En 2014 ...

 

Exposition CIA

Vézelay s'enflamme

Les Amis des Bois de la Madeleine

Saint Vincent

Exposition Nourrices du Morvan

Site Anne David

Site Icônes Françoise Buire

Amis de Vézelay

En 2013 ...

 

Les Amis de Vézelay

cabanes

morts dans l'ame

Les Amis de Vézelay

vide maison

Saint Vincent

St Vincent 2013

Foire de Vézelay

Foire de Vézelay

Pique-nique du CIA

Pique-nique du CIA

Liluli

Liluli

 

En 2012 ...

 

Association Sportive Domecy-sur-Cure

calendrier as domecy-sur-cure

calendrier as domecy-sur-cure

Les Amis de Vézelay

 

Amis des bois de la Madeleine

 

Communauté de Communes du Vézelien

Communauté de Communes du Vézelien

 

Clac Sabots

 

Comité de Foire de Vézelay

foire cantonale

 

La Croix des Bois

 

Yoga et Massages Ayurvédiques

 

Vézelay s'enflamme

 

Mairie d'Asquins


















 

Confrérie des quatre coteaux







 

En 2011 ...

 

Les Amis des Bois de la Madeleine

 

Les Amis de Vézelay

 

Association Sportive Asquinoise

 

Les Clac'sabots

 

Le Collectif des Associations Avallonnais

 

Comité de Foire de Vézelay

 

La Confrérie des Quatre Coteaux

 

Enfance et Loisirs

 

Transports Thomas

 

Ville de Vézelay

 

Fondation Zervos

 

En 2010 ...

 

Les Amis des Bois de la Madeleine

 

Les Amis de Vézelay

 

Annette Morisset

 

Association Sportive Asquinoise

 

Les Clac'sabots

 

Le Collectif des Associations

 

Le Piano Léger

 

Yoga et Massages Ayurvédiques

 

Avant 2010 ...

 

En cours de construction

 

Ca s'est passé hier

Manifestations locales

 

2012

Arrivée d'un nouvel animateur (juil.2012)

Sébastien Rozier ayant achevé son contrat à durée déterminée, il quitte le club et part vers de nouveaux horizons.
Olivier Clerc, son successeur, prend le relais et sera heureux de vous accueillir au club informatique d'Asquins, toujours en compagnie de Sophie.

 

 

2011

 

2010

 

Avant 2010

En cours de construction

 

Les Asquinois Taquins

La "Une" du n°26

La "Une" du n°25


Illustration J.P.Barthe (n°25)

 

Anciennes Expositions

Exposition "Les collections des collectionneurs" (Eté 2012)


Exposition "Les boîtes" (Eté 2010)

 

Paroles d'Asquinois

Depuis son plus jeune âge, le Club Informatique d'Asquins soutient la créativité de ses adhérents. Ainsi, dès les premières parutions de son journal "Asquinois Taquin", il a mis un point d'honneur à diffuser les créations des plus jeunes, comme des plus anciens. Chaque numéro propose en général un dessin réalisé par nos artistes en herbe, et, pour les plus grands, des réflections, critiques ou poèmes de quelques chroniqueurs bénévoles. Adrien Gourlet, Alain Chateau, Roland Forgeard, Claude Lefort ou encore Raymonde Fauvé - pour ne citer qu'eux - ont sû se faire une belle place dans nos coeurs et dans nos esprits.


Alain Chateau


Une balade

Un sentier crotté longeait la rivière
De hauts peupliers protecteurs couvraient ses bords
Buvait un cheval avec au vent sa crinière
Repos solitaire aux durs labeurs de son corps

Il s’écarta soudain pour monter sur la colline
Délaissant le temps pour trouver la mère du lait
Là, une vache broutait, se faisant toute câline
De sa tête un plaisir reposant me caressait

A mi-chemin du fait, il y avait une chapelle
Dans l’air frais des hauteurs, gazouillaient des oiseaux
Certains voltigeaient dans un murmure éternel
Et le sentier sortait de la forêt des eaux

Arrondis et usés, ronde se faisait la cime
Là, il se perdait à l’univers tortueux
Comme le plongeon d’un regard dans l’abîme
A perte de vue qu’est le grand ciel bleu

Dans le pré, il y avait des milliers de fleurs
En contrebas, un tranquille pommier
Offrait ses fruits à ceux qui ont un coeur
Un vase et une coupe attendaient le gros panier

Alain Chateau

Une balade

Un sentier crotté longeait la rivière
De hauts peupliers protecteurs couvraient ses bords
Buvait un cheval avec au vent sa crinière
Repos solitaire aux durs labeurs de son corps

Il s’écarta soudain pour monter sur la colline
Délaissant le temps pour trouver la mère du lait
Là, une vache broutait, se faisant toute câline
De sa tête un plaisir reposant me caressait

A mi-chemin du fait, il y avait une chapelle
Dans l’air frais des hauteurs, gazouillaient des oiseaux
Certains voltigeaient dans un murmure éternel
Et le sentier sortait de la forêt des eaux

Arrondis et usés, ronde se faisait la cime
Là, il se perdait à l’univers tortueux
Comme le plongeon d’un regard dans l’abîme
A perte de vue qu’est le grand ciel bleu

Dans le pré, il y avait des milliers de fleurs
En contrebas, un tranquille pommier
Offrait ses fruits à ceux qui ont un coeur
Un vase et une coupe attendaient le gros panier

Alain Chateau

Le souffleur de bulles

Un petit garçon est assis dans une rue
L’air rêveur parfume ses sentiments tous nus
Sa solitude au milieu du couloir
De chaque coté, passé ou futur, tout est noir

Une fille entre et marche dans le vent
Une robe à fleur, des cheveux par un ruban
Muselle la liberté de sa crinière
Elle porte le panier de sa clairière

Le souffleur de bulles chuchote dans sa paix
Des pensées, des rêves dont une bulle naît
Les remous de la suprême raison l’aspirent
Des mots doux dans l’anneau pour qu’il l’admire

Dans sa boucle d’oreille où on voit le jour
Comme un oiseau sur son perchoir, il dit : Bonjour
L’aile d’une bonne nuit, en tourbillon
Il vole en un cyclone, le papillonier

Alain Chateau


Un être qui vole

Voilà que je quitte le beau plancher des vaches
Pour dessiner dans l’air et avec les oiseaux
Danser sur la toile du bout d’ailes apaches
Echappant aux gouttes de peinture des seaux

Que Dieu verse dans un élan de simagrées
Embrasé de nombres sous son chapeau de paille
La main du gouvernail dans l’air des dulcinées
Dessine des bulles irisées de bataille

Sous la coupole inassouvie, je vois les rues
Des ondes où toutes les pensées sont connues
Je vole dans la paix et mes joues sans prénom
D’un nom commun épris, l’oiseau est mon surnom


Alain Chateau

 

Raymonde Fauvé


Le message du tambour

De boucher, il est devenu tambour,
Il parcourait toutes les rues du bourg.
Parfois sous la pluie, tenant son vélo,
Souvent à pied, pour lire son veto.

On l'entendait venir de loin,
Faisant retentir son coin-coin.
Où poussant un sifflement strident,
Qu'il faisait filtrer entre ses dents.

Toujours entouré d'une bande de gamins,
Qui venaient joyeusement lui serrer la main,
Il s'arrêtait, repoussait son béret noir,
Et lançait son boniment, fallait le voir.

Il s'agissait toujours de lui, le père Bolis,
"Qui avait la peau toujours belle et lisse".
Alors sous les quolibets des gamins,
Donnait les nouvelles du patelin.

Se prenait pour le journal du jour,
En racontant divers calembours.
Vous ne le rencontrerez plus sur son vélo,
Souvenez-vous de lui, il dort dans son tombeau.

Raymonde Fauvé

Le vieux tambour est mort

Lorsque le bruit a couru de bouche à oreilles
« Pourtant, disait-on, il se portait bien la veille,
Je l’avais vu assis, tranquille, dans le couloir,
Qui lui servait à lui, et ses copains de parloir !
»
Faisait danser avec son accordéon certaine nuit.
Rigolard, il tambourinait sous un vaste parapluie.
Toujours suivi, par une bande de joyeux garnements,
Qui riaient aux éclats, en écoutant son boniment.
Il se racontait de boucher, n’importe quel trou.
De vieux sceaux ! Où d’un placard avec quelques clous,
Il rebouchait avec des pierres les chemins.

Balayant, coupant les haies, suivi de son chien,
Etant toujours au courant du dernier potin !
Sa main s’égarant parfois sur un popotin.
Descendant en voltige, la grande rue du village,
Sur son vieux vélo, qui comme lui, prenait de l’âge.
Recevant, à la fin de sa vie, médailles et honneurs.
En fait ce fut pour lui, jour de liesse, un vrai bonheur.
Il vécut au-delà de la centenaire,
Il reçut les palmes… au cimetière.
Et c’est ainsi que mourut « Bolis le Tambour ».
Toujours en douceur, sans trompette ni tambour.

 Raymonde Fauvé

Un petit coin, Asquins

Dans notre France, voyez-vous,
Les étrangers sont comme nous
Ils se retrouvent ici, chez eux.
Vivant en France, ils sont heureux.

Moi je connais un joli pays.
Croyez moi, vous serez ravi
De le découvrir, même sous la pluie.
Asquins se présente comme un nid.

Il est entouré par la verdure.
Une rivière, la Cure le ceinture.
Il lui reste des murs anciens fortifiés,
Des souterrains, bien sûr camouflés.

Les habitants, jeunes et vieux,
Vous vendent lapins ou les œufs.
Il lui reste encore quelques fermiers
Mais cache volontiers les tas de fumier.

Dans leurs cours, ils ont plantés des fleurs.
De les sentir, c’est un vrai bonheur.
Dès qu’arrivent les beaux jours,
Les joyeux Parisiens accourent.

Chacun possède son petit jardin fleuri.
On y plante légumes ou fleurs de souci.
Mais des soucis ! Alors là, j’exagère
A Asquins. Cherchez ! On n’en trouvera guère.


 Raymonde Fauvé

 

Roland Forgeard


Les Chaumots

Ce n'est qu'un tout petit village
Tout entouré de vert feuillage.
Il s'est niché sur un coteau,
Mon petit pays est bien beau.

C'est la colline fraternelle,
Près de celle de l'éternelle
Et parmi les plus beaux hameaux
Derrière Chauffour, Les Chaumots.

Deux tilleuls, la croix derrière,
Le puits et le banc de pierre
Ajoutent, tel un supplément
Aux maisons, aux fleurs: l'agrément.

Pour le village, sa ceinture
Est une très grande pâture,
Où contraste, le noir et blanc
D'un troupeau dans le firmament.

Des fenêtres de mon village
Et d'un coup d'oeil sur le bocage,
L'image sublime apparaît:
La prairie et puis la forêt.

Une biche qui s'aventure
De ce grand bois, sur la bordure,
Ou le faisan et le lapin,
Dans l 'herbe fraîche du matin.

Les vaches passent, bedonnantes,
Quelques motos, pétaradantes,
La voix d'un paysan, bruyant
Va se perdre chez l'habitant.
C'est les Chaumots, dans la nature
Un village dans la verdure
Avec des fleurs et des oiseaux
Et, ses deux éternels corbeaux.

Roland Forgeard, 2 juillet 1989

Le corbeau dans l'hiver

Dans le calme absolu, la nature s'éveille,
Un corbeau sur la branche, observe l'horizon,
Il ne voit plus dès lors, l'image de la veille;
Inquiet, se demande où donc est la raison.

Tout son plumage noir marque la différence
Sur une nappe blanche où brillent les cristaux,
Il regarde toujours mesurant l'importance
Et condamne déjà l'injustice des maux.

Alors, quittant son arbre, il survole la plaine
Le pauvre se résigne en lâchant son regret
Dans un croassement comme une plainte vaine
Il croit même savoir du peu de son effet.

Il ne reste pour lui que ce qui le préserve;
Son vol lourd et puissant l'arrache en l'air glacé.
Il s'en va, son instinct, son destin lui réserve
Un petit coin d'abri dans le plus effacé.

Aussi, le ciel est noir, un flocon se détache,
Suivi d'un tourbillon semblant venir des cieux.
Il voit les grands sapins et devine sa cache,
Dans un dernier coup d'aile, il referme les yeux.

Roland Forgeard, 30 novembre 1990
 Extraits de "Tourbillons de Glane", AIM Edition

 

Adrien Gourlet



L'chagne ai peu l'p'tiot jonc d'riviée

L'chagne, un souer, s'en prit au p'tiot jonc d'riviée.
- "vouée ben réons d'en vouloi ai nout créateur, un p'tit voyau vous fa pliger l'doue, un ch'tit coup d'vent pâ méchant du tout vous fa baisser lai tête".
-"tandi qu'moi, coume le coute d'Pisse Vin, i'erraite les rayons du soula ai peu les coups d'grand vent".
-"Rin n'o bon pour vous, tout ô du v'lours pou moué. Si seul'ment au ieu d'pousser n'importe où dans l'iau, vous poussiez ai couté d'moué i vous protégerô, vous s'riez pu tranquille vous eriez moins d'…….mà vous poussez dans l'iau n'import'où sans fée attention, i n'peu rin pou'vous!"
-"i vous r'mercie ben de vous occuper d'moué qu'répond le p'tiot jonc, fau pas vous en fée, i n'craint pas l'vent qu'souffle, je plie mais ne romps pas, monsieur, qu'ai dit en français. E' fau attendre lai fin. Sul'coup, v'la l'vent que s'leuve, un grou orage qu'airrive, l'chagne n'bouge pas, le jonc se plaige. L'vent souffle ben pu fort encoué si bin qu'ai l'airrache l'grand chagne qu'aivou pourtant des grousses racines jusqu'au milieu d'lai terre. (l'p'tiot jonc ai rigolé doucement).

A.G.

Perrette et le Pot tôlé (Version moralisée.)

Perrette t'nait sur sai tête un pot tôlé, pou le cas où ? Il éto plein et ben posé su un coussinet. Ai voulo l'vendre su'l mairché d'lai ville d'à couté, qu'ai veut atteindre sans encombres. Cotillon simp'e et souillés plats elle allait bon train. Déjà ai s'voyait avec plein d'sous si elle pouvait avoir une aut' vaiche. Elle pouvo alors aich'ter d'aut' vaiches, des couéchons, des viaux, qu'elle el'vro sans frais. Ai voyait ses bêtes danser autour d'elle. Ai s'mit aussi ai danser comme elles, et renverso son pot au lait. Heureusement, l'éto en tôle, et n'casso point mais fut cabossé. Ai perdu tout'd'même un peu d'lait, et ne ram'na que peu d'sous. Son houme Jean que p'so 120 kilos, lui d'manda où qu'éto passé l'reste d'lait ? Que déjà l'dernière foué, elle s'éto fait avoennée en cassant la cruche qu'elle aivait sur lai tête. Elle ai répondu qu'elle aivait nourri des s'micards (1), d' pauv'gens qu'éto sans sous et qu'avo b'soin de s'nourrir sinon ils périsso ! Mais elle promit qu'on' la r'pendro point, car elle ne voulo pas qu'on l'appelle maintenant : " Perrette et le pot talé "… Entre deux souffles son mari fut " Gros Jean comme deux vents ".

(1) Sans monnaie ils crèvent avec rien dans la soupe.

A.G.

L'meugnier, son gâ é l'bourricot

J'ai lu, un souer, qu'un meugnier pas mal vieux, son gâ qu'éto pu un gamin, étint partir vendre leur bourricot ai lai fouée d'Vedla. Pou que l'bourricot aie un biau pouel ai peu qu'aie fêce pu d'sous, ai lont attéché ses pattes pou l'suspendre, tête en bas, ai eune parche qu'aie pourtint su leu épaules comme l'brancard de Saint Vincent pou lai brioche. Pouvres gens ! Aie faitint rie tout l'monde ! On créyo qu'ceto des marchands d'pagnier qu'ailliont jouer lai comédie. L'meugnier sô vite rendu compte de sai bêtise. Ai r'ma l'bourricot su ses pattes ai peu l'fa courri. Ma l'bourricot aima mieux s'fée pourter ai n'éto pas content. Pou l'calmer l'meugnier ma alors l'gamin su l'doue d'l'âne ai s'ra ai marcher ai couté. Mais v'la des marchands qu'arrivont ai que n'trouvons pas l'attelage éto ai leu goût. Ai s'mettons ai hurler au gamin d'descendre ai qui's'éto pas biau d'faie marcher ai couté un vieux qu'évo une barbe grise, qu'c'éto au vieux d'monter su l'bourricot et au gamin d'marcher ai couté. Alors ai changeont d'place. Des gas et des filles arrivons ai c'moment là. Une bin délurée dit qu'c'éto ben malheureux d'voeur un pauve petit gamin marcher ai couté d'un vieux qu's'croit bin malin de s'fée trainer. L'vieux tout embêcté fa monter l'gamin en croupe. Ai marchint coume ça enfin ben tranquilles quand ai rencontront des paysans qu'les traitont d'fous, que l'bourricot va crever, qu'ai l'éto trop chargé, qu'ai n'ont point d'pitié, qu'c'éto ben triste d'maltraiter eune bête qu'aiva ben rendu service, qu'ai n'aillint bentoue n'vend qu'eune piau ai lai fouée ! L'vieux et peu l'gamin s'arrêtont et s'mettont ai marcher ai couté d'lâne. Eune vieille les rencontre. çô ti pas malheureux, qu'elle crie, d'user ses souiers coume ça en marchant ai couté d'un âne ! çô ben trois ânes qu'marchont ensemble ! L'pu âne no pas celui qu'on pense ! Alors, l'meugnier en ai eu marre ai s'mi à gueuler : Qu'on m'foute la paix ! I n'écoute pu rin ni personne ! çô qu'l'ai fa et ço qu'ai faut faie !.

D'aiprée La Fontaine A.G.

Le p'tiot poula, l'matou ai peu lai p'ptiote rate.

Eune p'tiote rate toute jeune qu'aitô jaimâ sortie d'son trou resta toute étournellée de c'qu'elle aivô vu. Elle raconta coume cha ai sai mée rate : J'aivô quitté mon trou au peu i trottau coume une dératée quand deux bestiaux m'ont obligé ai ouvrie grand maie yeux : L'un aito doux, tout mignon, ben aimable. L'autre, tout ch'ti, n'teno point en place. Ai crio fort d'une voix qu'pourta loin. El aivo sur lai téete un bout d'viande ai peu ai s'souvela en branlant eune espèce de brandillon coume si ai v'lô s'enrouler. Lai queue éto pleine de pleumes que s'ouvraient coume un parapluie. (C'étau d'un poula qu'elle faito l'portra coume d'un bestiau d'l'aut'bout du monde). Ai s'batta lai coutés aivec ses brandillons, qu'elle dit encore lai p'tite rate en faisant un tel boucan qu'i seu partie ai qu'ai maie empêchée d'fai lai conversation aivec le joli p'tit animô que fêta ben envie. El étô tellement biau tout mouchété, des poils gris brillants coume nous. J'étons ben prête à lui cauer quand el ai fa un cocorico si fort qui seu partie en courant. Ma p'tiote rate, que dit lai mée Rate, ce tout mignon bestiau cô un matou qu'ai ben envie d'nous croquer, ben qu'el ai boune allure. L'aut' bestiau, au contrée, ça un poula ; p't'ête qu'on en mangera un bout ou ben qu'on sucera un oue. Ai peu elle dit en français : " Garde toi tant que tu vivras de juger les gens sur la mine ".

D'après LA FONTAINE " Le cochet, le chat et le souriceau ". A.G

L'Renard ai l'Bouc

Un R'nard qu'aivo eune belle piau joliment fourrée aito en train d'se promener aivec son copain Bouc qu'aivo vraiment des grandes cornes ben graicieusement r'courbées. L'Bouc n'aito pas trop futé : n'voyo bin pu loin que l'bout d'sai barbe qu'aito pourtant ben longue. L'Renard aito pu malin : ai faito tout l'temps des finasseries pour tromper son monde aivant de l'bouffer. Ai faita chaud c'jour là ; ai l'on eu eune grande soif tous les deux. Ai voiyons un puits ; ai s'arrêtons pour bouère chacun un bon coup dans l'fond. Un peu aiprès, l'Renard dit au Bouc : Quoi qu'on va fee maint'nant ? faut qu'on sorte d'là. Le puits aito profond. L'Rnard dit simplement au Bouc : ma tes grand'pattes en haut ai peu ma tes cornes encoué pu haut. I va grimper su toi, d'abord su ton dou ai peu aiprès su tes cornes. I va m'sortir ai peu aiprès i va t'tié pou t'fee sortir aitou. L'Bouc aito ben content : ai trouva qu'l'idée aito boune ai peu qu'son copain aito bin dégourdi, qu'ai n'airo pas trouvé un système aussi malin. V'la l'Renard qu'ai sort du puits : ai laisse son pouvre copain Bouc dans l'fond. Ai s'ma ai lui causer ben gentiment, lui qu'ai faut êt'patient, tanquille, qu'ai l'airo jemâ du descendre dans un puits sans s'd'mander coument qu'ai aillo remonter, qu'ai faut toujou réfléchir aivant d's'embarquer dans eune avanture, et qu'si l'aivo des poils au menton si longs qu'ai pouvo s'pisser d'ssus, ai n'aito pas ben malin quand même. Ai peu coume ai l'aito pressé, ai maito son chapiau ai lui diso ben l'bonjour. Monsieur de la Fontaine ajoute : "en toute chose il faut considérer la fin".

AG

Le loup et l'aigneau

Un joli aigneau tout frisé beuvait ben bravement son p'tit coup dans l'iau d'un ru tout ai couté d'lai source. L'iau aitot toute fraîche. Un loup déboule tout d'un coup ; ai l'éto en train d'fureter dans l'coin passqu'ai commenço ai aivoir faim. T'es en train d'saloper mai boune iau, que dit l'loup au tout p'tit aigneau. Te te moques de moué ? Te me provoques ? I n' seu pas content du tout. Te mérites ben d'être puni ! Monsieur Isengrin, que dit l'p'tit aigneau, faut rester ben calme. Ai n'faut point vous mette en courroux. I seu ben tranquille ai bouere mon p'tit coup dans lai boune iau ben fraiche qu'ai coule ben loin en descendant d'vant vous. I n'peut donc point lai saloper. Te l'ai salope, i te dis. Ai peu, ai y ben un an, t'ai dis du mau d'moué. Du mau d'vous, monsieur, çô pas possible. I n'étau point né. Vous vouyez ben, i tente encoué l'la d'mai pourre mée ! Et ben, si çô point toi, çô ton frée. I n'ai point de frée. Alors, çô un cousin de ta grande famille. Et peu, d'toute façon vous m'charchez noise, toi, l'aigneau, tes beurgers évec leurs maudits chiens. I faut qu'i m'venge, l'occasion ô trop boune. L'grou loup prend l'ai p'tiot aigneau entre ses dents, l'empourte loin dans l'bois et l'mange tout cru. Tout ça pour fai comprendre que les grous ont toujours bouffé les p'tits.

(Avec le pardon de monsieur de La Fontaine). A.G

 

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